Investir en bourse n’est plus réservé aux initiés fortunés. Que vous disposiez de 100 euros ou 10 000 euros, vous pouvez commencer dès aujourd’hui. Cet article constitue votre guide complet pour comment investir bourse en 2025, en couvrant les aspects que la plupart des autres guides ignorent : l’épargne de précaution préalable, les frais véritables des courtiers, l’intégration de la fiscalité, et les stratégies comme le DCA (Dollar Cost Averaging) et les ETF qui transforment les petits budgets en portefeuille diversifié. Découvrez comment éviter les pièges majeurs et mettre en place une stratégie d’investissement robuste et adaptée à votre situation.
Étape 1 : Constituer votre épargne de précaution avant d’investir
Avant de placer un seul euro en bourse, vous devez établir une épargne de précaution. C’est l’aspect qu’oublient trop souvent les guides d’investissement, pourtant fondamental. L’épargne de précaution représente 3 à 6 mois de dépenses courantes dans un compte d’accès immédiat, sans risque (livret A, compte courant rémunéré). Pourquoi ? Parce que si vous n’avez pas de coussin financier et que vous deviez soudainement retirer votre argent de la bourse en période de baisse, vous réaliseriez des pertes.
Selon Mes Questions d’Argent, le site de référence de la Banque de France, cette épargne de précaution doit être accessible immédiatement. Commencez par calculer vos dépenses mensuelles (loyer, nourriture, assurances, transport), multipliez par 4 ou 6, et accumulez ce montant avant d’investir. Vous utiliserez ensuite l’argent qui vous reste chaque mois pour vos investissements.
Sans épargne de précaution, vous serez obligé de vendre vos actions en perte lors d’une urgence ou d’une crise boursière. C’est le meilleur moyen de transformer un investissement long terme en désastre financier.
Étape 2 : Comprendre les frais cachés et choisir un courtier en ligne adapté
L’un des plus grands gaps dans les guides d’investissement : personne ne explique vraiment les frais cachés. Quand vous investissez en bourse via un courtier en ligne, vous faites face à plusieurs types de frais qui réduisent vos rendements.
Les différents types de frais à connaître
1. Les frais de transaction (ou frais de courtage) : débités chaque fois que vous achetez ou vendez. Ils peuvent être fixes (2€, 5€) ou en pourcentage (0,1% à 0,5%). Sur 100 petits achats, cela devient considérable.
2. Les frais de tenue de compte : certains courtiers facturent un droit annuel pour maintenir votre compte ouvert. Heureusement, de nombreux courtiers français comme Boursorama et Fortuneo les ont supprimés.
3. Les frais de gestion au sein des ETF : chaque fonds indéxé (ETF) a un coût de gestion annuel, exprimé en TER (Total Expense Ratio). Un bon ETF a un TER entre 0,15% et 0,40% par an. Un mauvais entre 0,80% et 1,50%.
4. Les spreads (écarts acheteur-vendeur) : la différence entre le prix d’achat et celui de vente à tout moment. Sur un ETF largement traité, le spread est minime (0,03%). Sur une action illiquide, il peut atteindre 1%.
| Courtier en ligne | Frais transaction actions | Frais transaction ETF | Frais annuels compte | Meilleur pour |
|---|---|---|---|---|
| Boursorama | À partir de 5€ | 0€ si 50 ETF sélectionnés | 0€ | Débutants investissant en ETF |
| Fortuneo | À partir de 4,99€ | 0€ pour les clients premium | 0€ | Petits budgets réguliers |
| DEGIRO | Dès 2€ (promos récurrentes) | 0€ pour nombreux ETF | 0€ | Investisseurs actifs, diversifiés |
| Trading 212 | 0€ commission (intérieur spread) | 0€ pour tous ETF | 0€ | Investisseurs très réguliers |
| Interactive Brokers | Dès 1€ (forfait possible) | Dès 1€ (forfait possible) | 10$/mois si <$100,000 AUM | Portefeuilles importants |
Pour un débutant avec un petit budget (100-500€/mois), privilégiez des courtiers sans frais de compte et avec ETF gratuits. Boursorama et Fortuneo proposent des listes d’ETF sans frais de transaction pour les nouveaux investisseurs, ce qui change radicalement la donne.
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Étape 3 : Intégrer la fiscalité dans votre stratégie d’investissement
La fiscalité est complexe et déterminante pour vos rendements nets. En France, l’impôt sur les gains en bourse dépend du type de compte et du type d’investissement. C’est un point rarement explicité en détail dans les guides génériques sur comment investir bourse.
Les trois régimes fiscaux principaux en France
1. Le compte titre ordinaire (CTO) : vous pouvez acheter n’importe quel titre (actions, ETF, obligations). Les gains sont taxés chaque année à 30% (15% d’impôt sur le revenu + 15,5% de prélèvements sociaux). Aucun avantage fiscal, mais flexibilité maximale.
2. Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) : limité à 150 000€ par personne, réservé aux résidents français et aux titres européens. Les gains deviennent complètement exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention (restent 17,2% de prélèvements sociaux). C’est l’arme secrète des investisseurs français. Plus de détails dans notre article sur l’optimisation des rendements en assurance-vie.
3. L’assurance-vie : meilleure approche pour les gros patrimoines. Après 8 ans, la fiscalité devient très favorable (impôt sur le revenu + 7,5% de prélèvements sociaux). Consultez notre guide complet sur la fiscalité de l’assurance-vie après 8 ans.
Ouvrez un PEA dès maintenant si vous n’en avez pas, même avec 50€. Les 5 années de blocage commencent tout de suite. Dans 5 ans, vos gains seront totalement exonérés d’impôt (sauf prélèvements sociaux), ce qui change tout pour les rendements nets.
Étape 4 : Maîtriser l’investissement avec petits budgets et le DCA
L’un des plus grands myths : « Je dois avoir au moins 5 000€ pour commencer ». C’est faux. Avec la bonne stratégie, 50€ par mois suffisent. La clé ? Le Dollar Cost Averaging (DCA), une approche méconnue mais redoutablement efficace que nous allons détailler.
Qu’est-ce que le Dollar Cost Averaging (DCA) ?
Le DCA signifie investir un montant fixe à intervalles réguliers (par exemple, 100€ tous les mois), peu importe le niveau du marché. Si le marché monte, vous achetez peu de parts. S’il baisse, vous achetez plus de parts au meilleur prix. À long terme, vous lissez votre coût d’achat moyen et réduisez l’impact de la volatilité.
Exemple concret : vous investissez 100€ mensuels pendant 12 mois dans un ETF.
| Mois | Prix de l’ETF | Montant investi | Nombre de parts achetées |
|---|---|---|---|
| Janvier | 100€ | 100€ | 1 part |
| Février | 90€ (baisse) | 100€ | 1,11 parts |
| Mars | 95€ | 100€ | 1,05 parts |
| Décembre | 110€ (hausse) | 100€ | 0,91 parts |
| TOTAL | Prix moyen : 98,3€ | 1 200€ investi | 12,17 parts en portefeuille |
Vous avez investi 1 200€ et possédez 12,17 parts à un coût moyen de 98,3€ par part. Si le prix actuel est à 110€, votre portefeuille vaut 1 339€. Gain : +139€ (11,6%). Le DCA minimise les faux pas de timing et transforme la volatilité en opportunité.
Mettez en place un virement automatique le jour après la paie vers votre courtier. Que le marché monte ou baisse, vous investissez. Psychologiquement, c’est aussi plus facile : vous ne stressez pas sur le timing.
Étape 5 : Diversifier via les ETF plutôt que les actions individuelles
Quand vous avez 100€, acheter une seule action est extrêmement risqué. C’est pour cela que les ETF (Exchange-Traded Funds) sont l’arme secrète des investisseurs avec petits budgets. Un ETF indéxé est un fonds qui réplique un indice boursier. Par exemple, l’ETF MSCI World vous donne accès à plus de 2 500 entreprises mondiales avec une seule transaction.
ETF recommandés pour débutants
1. IWDA (iShares Core MSCI World) : 2 500+ actions mondiales, TER 0,20%, très liquide. C’est le point de départ idéal. Vous détenez un morceau de toute l’économie mondiale.
2. EMIM (iShares MSCI EM) : marchés émergents (Chine, Inde, Brésil). À combiner avec IWDA pour une exposition équilibrée.
3. EUNL (iShares Core MSCI EMU) : actions zone euro uniquement. Si vous préférez réduire la volatilité.
4. XEUR (iShares EURO STOXX 50) : les 50 plus grandes entreprises de la zone euro. Moins diversifié que IWDA mais excellent pour la stabilité.
Avantages des ETF
- Diversification immédiate : 50 à 2 500+ titres avec une seule transaction
- Frais très bas : TER entre 0,15% et 0,40%, bien mieux que les fonds actifs
- Pas besoin d’expertise : vous répliquez l’indice, pas de sélection d’actions risquée
- Flexibilité : achetable dans un PEA, CTO ou assurance-vie
- Automatisable : parfait pour le DCA avec versements réguliers
Inconvénients des ETF
- Performance plafonnée à l’indice : pas de chance de surperformer le marché
- Soumis aux mouvements de marché : baisse du marché = baisse de l’ETF
- Frais de transaction : même avec 0€ sur certains brokers, les spreads existent
- Accumulation ou distribution : certains réinvestissent, d’autres versent des dividendes (cas moins courant)
- Risque de change : un ETF en dollars subit le risque euro/dollar
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Étape 6 : Construire votre portefeuille diversifié en 5 étapes
Guide étapes : Votre portefeuille en actions
- Déterminez votre profil de risque
Avez-vous une horizon d’investissement long (10+ ans) ? Pouvez-vous supporter une baisse de 30% sans paniquer ? Jeune et sans dettes ? Vous êtes agressif. Plus de 50 ans et retraite proche ? Vous êtes conservateur.
Recalculez votre profil tous les 3-5 ans. Il change avec l’âge et la situation. - Choisissez votre allocation cible (règle 120 – âge)
Une formule simple : Actions = 120 – votre âge. À 30 ans : 90% actions. À 60 ans : 60% actions. Le reste en obligations/épargne stable. C’est une base, à ajuster selon votre tolérance.
Écrit cette allocation sur un papier et collez-la à votre écran. Vous ne changerez pas chaque mois. - Ouvrez votre compte chez un courtier sans frais
Boursorama ou Fortuneo pour la simplicité. DEGIRO si vous êtes plus technophile. Ouvrir un PEA en même temps : les 5 ans de blocage commencent immédiatement.
Gardez l’accès à votre espace client toujours à portée (signet, app téléchargée). - Sélectionnez 3-5 ETF pour la diversification
Exemple portefeuille simple : 50% IWDA (actions monde), 30% EUNL (zone euro), 20% EMIM (émergents). Ou encore plus simple : 100% IWDA (mais moins diversifié géographiquement).
Pas besoin de 20 ETF. Plus simple = moins d’erreurs, moins de coûts de suivi. - Mettez en place un virement mensuel automatique
Décidez d’un montant (50€, 100€, 500€, peu importe) et programmez un virement automatique. Achetez le même jour chaque mois ou le 1er jour de chaque mois. C’est le DCA en action.
Les virements automatiques réduisent la procrastination de 90%. Paramétrez-les et oubliez le reste.
Les principales erreurs à éviter quand on débute
Après avoir évoqué la stratégie positive, énumérons les pièges courants qui ruinent les débutants.
Erreur 1 : Investir sans épargne de précaution
Nous l’avons dit, mais c’est le piège numéro 1. Vous investissez 5 000€, le marché baisse de 15%, vous voyez -750€, une voiture tombe en panne et vous retirez tout en perte. Catastrophe psychologique et financière. Commencez par 3-6 mois d’épargne d’urgence.
Erreur 2 : Trader au lieu d’investir
« Je vais acheter cette action qui va monter et la revendre dans 2 semaines ». Non. Le trading tue les petits comptes via les frais et les impôts à court terme (34,3% d’imposition contre 17,2% après 5 ans en PEA). Restez investi 5-10 ans minimum.
Erreur 3 : Essayer de timer le marché
« Je vais attendre la baisse avant d’investir ». Personne ne peut prédire l’avenir. Les données montrent que le DCA surperforme 70% du temps le timing du marché. Investissez régulièrement, point.
Erreur 4 : Choisir des actions individuelles risquées
À moins d’être expert, n’achetez pas des actions de PME boursières volatiles. Un ETF large vous couvre mieux. Même Warren Buffett recommande aux petits investisseurs les ETF indéxés.
Erreur 5 : Ignorer la fiscalité
Ne pas ouvrir un PEA et laisser toute la fiscalité dans un CTO peut vous coûter 10-15% de rendement net sur 10 ans. C’est énorme.
Outils en ligne pour suivre votre investissement
Une lacune importante dans les guides : personne ne liste les outils concrets pour suivre son portefeuille.
Outils gratuits recommandés
1. PersonalCapital (gratuit): synchronisez tous vos comptes (courtier, banque, assurance-vie) sur un seul dashboard. Suivi automatique de la performance, allocation d’actifs, alertes. Disponible en web et app.
2. Google Sheets + API financière : si vous aimez personnaliser, créez un classeur avec l’API Yahoo Finance ou AlphaVantage. Suivi manuel mais total transparence.
3. Feuilles Excel personnalisées : la base ancienne mais efficace. Tapez chaque achat/vente, calculez la performance année par année.
4. Les apps natives des courtiers : Boursorama, Fortuneo, DEGIRO proposent des apps mobiles avec suivi temps réel. Parfait pour vérifier votre portefeuille sans panique.
Choisissez un outil et consultez-le 1 fois par mois maximum. Les vérifications quotidiennes créent du stress inutile et poussent à prendre de mauvaises décisions.
Questions fréquemment posées
FAQ : Vos questions sur comment investir bourse
Quel est le montant minimum pour commencer à investir en bourse ?
Techniquement, 1€ suffit chez certains courtiers (Trading 212). Pratiquement, 50€ minimum pour que les frais soient négligeables. Avec un courtier sans frais et un ETF, même 10€ font sens. La vraie barrière est psychologique : commencer petit.
Combien de temps faut-il pour voir des gains ?
En bourse, l’horizon minimum est 5 ans pour absorber les cycles et avoir des chances de profit. Entre 5 et 10 ans : gains solides généralement (inflation + rendements). Au-delà de 10 ans : potentiel de gain très élevé (historiquement 7-10% annuels sur les actions). Moins de 5 ans = spéculation, pas investissement.
PEA ou CTO : lequel choisir en tant que débutant ?
Ouvrez les deux si possible. Commencez avec le PEA (plafonné à 150 000€, mais exonération fiscale après 5 ans). Quand le PEA est plein ou quand vous avez besoin de plus de flexibilité, basculez au CTO. Pour 90% des petits investisseurs, le PEA suffit.
Que faire si le marché s’effondre et que mon portefeuille perd 30% ?
Ne rien faire. Les périodes de crise sont des opportunités d’achat avec le DCA. Vous achetez moins cher. Historiquement, tous les krachs boursiers ont été suivis de récupérations. Si vous aviez acheté le jour avant le crash de 2008, 15 ans plus tard vos gains auraient dépassé 150%. Vous aviez juste besoin de patience.