Comment gérer votre PEA fiscalité et retraits à long terme

Par Antoine Rousseau • Mis à jour le 15 décembre 2025

Maîtrisez la fiscalité complète du PEA en 2025 : exonérations, retraits partiels et stratégies d’optimisation pour tous les profils

Certifié par LePointExpert

La fiscalité du PEA représente l’un des leviers les plus puissants pour maximiser votre épargne en France, mais aussi l’une des thématiques les plus mal comprises. Entre les mises à jour législatives de 2025, la confusion persistante entre cumul PEA et PEA-PME, et les pièges cachés des retraits partiels, des millions d’investisseurs français laissent sur la table des milliers d’euros en économies fiscales. Cet article décode la pea fiscalité dans sa totalité : des fondamentaux d’exonération après 5 ans aux stratégies avancées de gestion du patrimoine, en passant par les spécificités negliées comme l’optimisation du cumul sur 225 000€ et les parcours uniques des jeunes investisseurs. Découvrez comment transformer votre PEA en levier d’optimisation fiscale, pas simplement en compte d’épargne.

Exonération IR après 5 ans

100%
Plafond de versement cumulé

225 000€
Prélèvements sociaux incontournables

17,2%
Nouveau plafond 2025 proposé

Suppression envisagée

Fiscalité du PEA après 5 ans : exonération d’impôt sur le revenu et calcul des prélèvements sociaux

Le PEA fiscalité repose sur un mécanisme d’exonération progressive : après 5 ans de détention, vos gains de capital deviennent totalement exonérés d’impôt sur le revenu (IR). C’est là le principal attrait fiscal du dispositif. Cependant, cette exonération ne s’applique qu’à l’impôt sur le revenu proprement dit. Les prélèvements sociaux, qui incluent la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et d’autres prélèvements, demeurent dus à hauteur de 17,2% du gain net en 2025.

Pour illustrer : si vous avez investi 50 000€ et réalisé un gain de 15 000€ après 5 ans, vous devrez payer 17,2% × 15 000€ = 2 580€ en prélèvements sociaux seulement. Aucun impôt sur le revenu ne s’ajoutera à cette base. Cette distinction est capitale car elle transforme votre rendement net versus un compte-titre classique, où vous seriez soumis à l’impôt sur le revenu (de 0% à 45%) plus les prélèvements sociaux.

Avant les 5 ans de détention, la situation change radicalement. Tout retrait clôture le PEA et déclenche une imposition forfaitaire de 30% appliquée au gain global, plus les prélèvements sociaux. Exemple : retrait anticipé après 3 ans sur 15 000€ de gain = 30% × 15 000€ = 4 500€ d’impôt forfaitaire + 2 580€ de prélèvements sociaux = 7 080€ total. Comparez à 5 ans révolus : 2 580€ seulement. La pénalité fiscale justifie complètement la stratégie de long terme.

Des exceptions légales existent : le décès du titulaire, l’invalidité permanente, la suppression d’emploi ou la création d’entreprise permettent des retraits sans clôture du compte. Ces cas particuliers intéressent notamment les jeunes investisseurs envisageant une création d’entreprise : le PEA peut servir de fonds propres de départ avec exonération fiscale.

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Retraits partiels du PEA : calcul au prorata et absence de clôture du compte

L’une des plus grandes confusions porte sur les retraits partiels PEA. Beaucoup d’investisseurs croient qu’extraire une partie de leur épargne avant 5 ans clôt systématiquement le compte et déclenche la flat tax de 30%. C’est faux. Depuis 1995, le PEA autorise les retraits partiels sans clôture moyennant une imposition au prorata.

Le calcul repose sur une formule déterministe : Impôt = (Montant retiré / Valeur totale PEA) × Gains totaux × 17,2%. Cette formule distribue vos gains proportionnellement sur les sommes retirées. Exemple concret : vous possédez un PEA de 100 000€ (80 000€ versements + 20 000€ gains), vous retirez 10 000€. La proportion de gains dans ce retrait = (10 000€ / 100 000€) × 20 000€ = 2 000€ de gains. Imposition = 2 000€ × 17,2% = 344€ en prélèvements sociaux uniquement. Aucune flat tax, pas de clôture : votre PEA reste actif, continue de capitaliser et vous pouvez ajouter des versements (dans la limite du plafond annuel).

Après 5 ans de détention, cette imposition disparaît. Les retraits partiels après 5 ans deviennent totalement exonérés d’IR, seuls les prélèvements sociaux s’appliquent si nécessaire. Exemple : même scénario après 5 ans = 344€ de prélèvements sociaux. Mais comparé à un retrait avant 5 ans, vous gagnez 30% d’impôt forfaitaire non payé.

Cette mécanique révolutionne votre stratégie d’épargne : vous pouvez configurer votre PEA comme un fonds de liquidités étagé. Besoin urgent de 5 000€ ? Retrait partiel (imposition légère), le reste continue. Projet immobilier dans 4 ans ? Accumulation sans stress : même anticipé, le coût fiscal reste maîtrisé comparé à un compte-titre. Seule vraie contrainte : chaque retrait, même partiel, gèle les versements du trimestre en cours (règle technique).

Scénario Avant 5 ans Après 5 ans Économie fiscale
Retrait complet (clôture) 30% impôt forfaitaire + 17,2% PS Exonération IR + 17,2% PS +30% d’impôt évité
Retrait partiel 17,2% PS au prorata 17,2% PS au prorata Identique
Pas de retrait Report d’imposition Exonération totale +100% en gain net

Cumul PEA et PEA-PME : démythification du plafond global de 225 000€

La plus grande méprise en matière de pea fiscalité concerne le cumul de dispositifs. MYTHE COURANT : « J’ai le droit à 150 000€ de PEA classique + 225 000€ de PEA-PME = 375 000€ total. » RÉALITÉ LÉGALE : Le plafond global est de 225 000€ seulement pour toute personne.

Comment fonctionne ce plafond global ? Vous pouvez ouvrir deux comptes distincts : un PEA classique (pour les valeurs mobilières de l’UE) et un PEA-PME (pour les PME et ETI <1,5 milliard€ de chiffre d'affaires). Mais vos versements cumulés ne peuvent excéder 225 000€. L'allocation optimale recommandée par les experts est : 150 000€ en PEA classique + 75 000€ en PEA-PME, soit exactement 225 000€. Pourquoi cette répartition ? Parce que le PEA-PME impose une contrainte : minimum 75% des encours doivent être investis en PME/ETI éligibles. Cette obligation de diversification sectorielle justifie de limiter le PEA-PME à 75 000€, puis d’utiliser le PEA classique pour les valeurs stabilitrices (index EURO STOXX 50, ETF larges).

Les règles d’unicité s’appliquent : une seule personne = un seul PEA + un seul PEA-PME maximum. Vous ne pouvez pas ouvrir deux PEA chez deux assureurs différents. Chaque dispositif génère son propre identifiant fiscal et son historique de détention (le compte se réinitialise à la date d’ouverture, pas à celle du versement).

La fiscalité est identique pour les deux : exonération d’IR après 5 ans, 17,2% de prélèvements sociaux, clôture du compte si retrait avant 5 ans. Un grand avantage souvent négligé : vous pouvez ouvrir les deux comptes à des dates différentes. Exemple stratégique : PEA classique ouvert en 2020, PEA-PME ouvert en 2022. Le PEA est exonéré en 2025, le PEA-PME le devient en 2027. Cela crée une cascade d’exonérations et permet de rééquilibrer vos portefeuilles progressivement sans déclencher d’impôts globaux.

Avantages du cumul PEA + PEA-PME

  • Plafond d’épargne exonéré augmente de 50% vs PEA seul (150k → 225k)
  • Diversification géographique et sectorielle optimisée (grandes valeurs + PME-ETI)
  • Deux épisodes d’exonération décalés si ouvertures espacées
  • Fiscalité allégée sur 225k euros vs compte-titre sur la même somme
  • Support économique aux PME françaises tout en optimisant rendements

Contraintes et pièges du cumul

  • Gestion complexifiée : suivi de deux comptes séparés, deux clôtures potentielles
  • PEA-PME impose minimum 75% en PME/ETI (limitation de flexibilité)
  • Rendements PME plus volatiles que grandes valeurs EU
  • Risque d’erreur : versement au mauvais compte, dépassement plafond global
  • Liquidité potentiellement réduite en PEA-PME si titres peu liquides

PEA Jeune (18-25 ans) : contexte, transition à 26 ans et stratégie long terme

Le PEA Jeune représente un dispositif unique pour les investisseurs âgés de 18 à 25 ans (date d’ouverture). Il offre un plafond de versement de 20 000€ au lieu de 150 000€, ce qui peut sembler limité. Cependant, l’intérêt stratégique est énorme : cela force les jeunes à débuter avec une petite enveloppe disciplinée, à apprendre la gestion de portefeuille, et à capitaliser durant 50+ ans (jusqu’à la retraite). Un versement de 5 000€ à 20 ans, investi à 7% annuel moyen, atteint 94 000€ à 62 ans.

Le PEA Jeune respecte la même fiscalité que le PEA classique : exonération d’IR après 5 ans, 17,2% de prélèvements sociaux. Mais la grande question que peu de ressources adressent : que se passe-t-il à 26 ans ? Au 1er janvier de l’année civile où vous atteignez 26 ans, vous perdez l’éligibilité au PEA Jeune. Trois options s’offrent à vous :Option 1 – Conversion automatique : Votre PEA Jeune se convertit automatiquement en PEA classique. Tous vos versements antérieurs (jusqu’à 20 000€) restent bloqués dans ce compte qui peut maintenant recevoir jusqu’à 150 000€ supplémentaires. Exemple : PEA Jeune avec 15 000€ versés à 25 ans. À 26 ans, conversion en PEA classique, vous pouvez ajouter 150 000€ de plus (total possible 165 000€).Option 2 – Ouverture d’un nouveau PEA à 26 ans : Certains conseillers recommandent de fermer le PEA Jeune juste avant 26 ans (après 5 ans, donc exonéré) et d’ouvrir un PEA classique frais. Cela crée deux historiques fiscaux séparés et optimise l’étalement des retraits potentiels. Mais attention : cette stratégie crée de la complexité administrative.Option 3 – Cumul intelligent avec PEA-PME : À 26 ans, vous pouvez maintenant ouvrir un PEA-PME en parallèle du PEA Jeune converti. Cela porte votre plafond combiné à 225 000€ (20k PEA Jeune + 75k en nouveau PEA-PME, l’allocation classique).

Pour les jeunes investisseurs, une stratégie pragmatique émerge : dollar-cost averaging régulier en PEA Jeune (ex : 300€/mois) pour capitaliser sur la durée sans chercher à timer le marché. Ensuite, vers 26 ans, migration vers le cumul PEA classique + PEA-PME pour utiliser l’intégralité des 225 000€. Les meilleurs ETF éligibles pour les jeunes dynamiques visent la croissance : MSCI World (diversification mondiale), Emerging Markets (rendement potentiel), Technologie EU (secteur d’avenir). Attention toutefois : les ETF obligataires ou actions défensives font sens après 55 ans, pas à 20 ans.

💡 Conseil jeunes investisseurs

Commencez petit mais tôt en PEA Jeune. 5 000€ versés à 20 ans + 200€/mois = 29 000€ accumulés à 26 ans (hors gains). Exploitez ensuite la pleine capacité PEA + PEA-PME dès la conversion. Vos 50 années de capitalisation (20→70 ans) tranformeront cette discipline en patrimoine exceptionnel.

Stratégies d’optimisation fiscale : anticipation des liquidités et gestion durable du patrimoine

L’optimisation fiscale du PEA ne se limite pas à attendre 5 ans passivement. Des stratégies avancées permettent d’anticiper vos besoins futurs sans déclencher de pénalités. Première stratégie : la structuration par tranches d’échéance. Vous ouvrez un PEA Jeune à 20 ans, un PEA classique à 25 ans, et un PEA-PME à 28 ans. Cela crée trois points d’exonération : 25, 30 et 33 ans. Si vous avez besoin de liquidités à 29 ans, vous fermez le PEA Jeune (exonéré depuis 25 ans) sans impact sur les deux autres comptes qui continuent de capitaliser. Elegant et légal.

Deuxième stratégie : retraits partiels opportunistes après 5 ans. Une fois le compte exonéré, chaque retrait partiel ne subit que 17,2% de prélèvements sociaux. Vous avez besoin de 20 000€ pour un projet immobilier ? Retrait partiel = imposition minimale sur la part gains uniquement. Votre compte ne ferme pas, continue à capitaliser, et vous avez vos liquidités sans stress fiscal.

Troisième stratégie : rééquilibrage sans impôt avant 5 ans. Avant 5 ans, vous pouvez rééquilibrer votre portefeuille (vendre des titres perdants, acheter des gagnants). Aucun impôt n’est déclenché tant que vous ne retirez pas d’argent du compte. C’est une liberté unique du PEA vs compte-titre. Exemple : PEA avec 50% en actions volatiles et 50% en obligations. À 3 ans, vous rééquilibrez vers 30/70 (sécurisation). Zéro impôt immédiat, contrairement au compte-titre où chaque vente est imposition.

Quatrième stratégie : résilience psychologique et discipline des versements. Les jeunes investisseurs sont vulnérables aux krach boursiers. Un PEA ouvert en 2020, puis fermeture en panique lors du krach COVID d’avril 2020 : clôture + flat tax 30% sur perte (oui, même sur pertes!). Discipline fondamentale : verser régulièrement malgré la volatilité. Dollar-cost averaging élimine le besoin de timer le marché. Versez 500€/mois coûte que coûte, même si l’indice baisse. À long terme, l’effet de moyenne lisse les rendements.

Guide pratique : optimiser votre PEA fiscalité pas à pas

  1. Évaluez votre profil (âge, horizon de retrait, besoin de liquidités)
    Jeune ? Pensez PEA long terme. Proche de la retraite ? Préparez la transition vers compte-titre.
  2. Ouvrez le(s) compte(s) approprié(s) (PEA Jeune, PEA, ou cumul PEA+PME)
    Chaque ouverture crée un calendrier fiscal unique. Échelonner les ouvertures optimise les exonérations.
  3. Versez régulièrement et diversifiez (ETF mondiale + PME si PEA-PME)
    Dollar-cost averaging 200-500€/mois> versement ponctuel opportuniste risqué.
  4. Marquez vos 5 ans d’exonération (calendrier fiscal critique)
    À J+5 ans, vous basculez de 30% impôt forfaitaire à 0% d’IR. C’est le moment clé.
  5. Rééquilibrez avant 5 ans (zéro impôt immédiat sur gains non retirés)
    Vendre/acheter = pas d’impôt. Retirer = impôt. Comprenez la différence.
  6. Après 5 ans, pratiquez des retraits partiels stratégiques si nécessaires (17,2% PS seulement)
    Besoin de 10 000€ ? Retrait partiel exonéré d’IR. Idéal pour projets immobiliers, urgences.
  7. À la retraite (hypothétiquement 70+ ans), planifiez la transmission à héritiers
    PEA fermé avant 70 ans ? Exonération totale. C’est l’aboutissement optimal.

📹 Comparaison des performances : PEA vs compte-titre et assurance-vie

Questions non répondues en matière de PEA fiscalité : cas particuliers et gaps concurrentiels

Même après avoir consulté les guides standards, certaines questions persistent et ne trouvent pas réponse claire. Cette section adresse les zones grises que les assureurs minimisent souvent.

Questions fréquentes : PEA fiscalité – les cas que personne ne clarifie

Puis-je transférer mon PEA d’un assureur à un autre sans pénalité fiscale ?

Oui, conditionnellement. Le transfert de PEA (portabilité) est exonéré d’impôt s’il s’effectue directement entre assureurs (pas de retrait intermédiaire). Exemple : PEA chez BNP depuis 6 ans, transfert vers Boursorama = zéro impôt, la date d’ouverture se reporte. ATTENTION : un retrait intermédiaire clôture le compte et déclenche la fiscalité de clôture. Contactez l’assureur origine pour demander le transfert administratif direct.

Que se passe-t-il si je clôture mon PEA à 5 ans et 1 jour ? Suis-je exonéré ?

Oui, exonération totale. Le délai de 5 ans s’apprécie civilement, pas commercialement. Si le compte est ouvert le 15 mars 2020, la clôture le 16 mars 2025 est exonérée. À l’inverse, fermeture le 14 mars 2025 = clôture avec flat tax 30%. Cette exigence de 5 années civiles est stricte. L’administration fiscale ne tolère pas « presque 5 ans ».

Mes gains en PEA sont négatifs (compte en moins-value). Dois-je payer des impôts en cas de retrait avant 5 ans ?

Oui, pénalité même sur perte. C’est un piège majeur. Si vous avez versé 50 000€ et votre compte ne vaut que 40 000€ (moins-value de 10 000€), fermeture avant 5 ans = clôture + flat tax 30% appliquée sur la moins-value globale. Vous payez donc de l’impôt sans gain réel. Exemple : 40 000€ retirés sur 50 000€ versés = moins-value 10 000€. Flat tax 30% × (- 10 000€) = – 3 000€ déductible du revenu global. Paradoxalement, c’est une niche fiscale : la moins-value PEA réduit votre revenu imposable. Mais moralement, c’est frustrant de payer une pénalité sur une perte.

Peut-on légalement ouvrir un PEA, attendre 5 ans sans verser, puis fermer sans aucun gain ?

Oui, complètement légal. Beaucoup ignorent qu’ouvrir un PEA sans versement compte pour la limite temporelle. Vous ouvrez un PEA le 1er janvier 2020 sans toucher, n’ajoutez aucun versement. Fermeture 1er janvier 2025 = aucun gain = aucun impôt. L’intérêt ? Immédiat : réserver la fenêtre de 225 000€ pour plus tard, quand vous aurez les liquidités. À 26 ans, peu d’épargne mais vous ouvrez un PEA Jeune « vide ». À 30 ans, vous avez 100 000€ liquides, vous versez d’un coup. Le compte est déjà exonéré 5 ans plus tard en 2025 au lieu de 2030. Stratégie de timing aggressif.

Combien de temps puis-je garder un PEA ouvert après 5 ans sans aucun retrait ? Indéfiniment ?

Oui, indéfiniment. Un PEA exonéré peut rester ouvert sans limite temporelle légale. Vous versez 50 000€ à 30 ans, n’en retirez rien jusqu’à 70 ans. À 70 ans, retrait complet = exonération totale d’IR, prélèvements sociaux uniquement. L’intérêt ? Capitalisation sur 40 ans. Un versement de 50 000€ à 7% annuel devient 747 000€ à 70 ans. La quasi-totalité de ce gain (697 000€) est exonérée d’IR, seuls 17,2% de prélèvements sociaux s’appliquent. C’est l’optimisation patrimoniale définitive.

Si je dois de l’argent au Trésor public, peuvent-ils bloquer mon PEA ?

Oui, mesure conservatoire possible. L’administration fiscale peut placer une opposition administrative sur votre PEA s’il existe une dette significative (arriérés d’impôt, amendes). Ce gel peut durer le temps de la procédure. Cependant, le PEA conserve sa protection fiscale : si levée de l’opposition, clôture post-5 ans = exonération maintenue. Un PEA n’est pas un refuge absolu contre l’administration, mais il conserve ses avantages fiscaux une fois les litiges résolus.

Puis-je faire un retrait partiel, puis un versement supplémentaire le mois suivant ?

Oui, avec délai technique. Retrait partiel n’implique pas clôture, donc rien n’empêche de reverser après. CEPENDANT, règle technique : un retrait gèle les versements du trimestre civil en cours. Exemple : retrait le 15 avril, vous ne pouvez reverser qu’à partir du 1er juillet. Cette limite existe pour éviter les manipulations de gains/versements. Passé ce délai, versements libres à nouveau.

Décès avant 5 ans : le PEA passe à mes héritiers. Reste-t-il exonéré ?

Partiellement. Au décès avant 5 ans, le PEA ne clôture pas automatiquement (contrairement à un retrait). Les héritiers héritent du compte et du délai de détention « gèle » à la date de décès. Exemple : PEA ouvert 2022, décès 2024. Héritiers reçoivent le compte avec 2 ans d’ancienneté. Clôture par héritier en 2025 = exonération atteinte (5 ans révolus). Le décès n’annule pas le délai de 5 ans. C’est un avantage majeur : anticipation de transmission.

PEA et immobilier : puis-je utiliser un retrait partiel pour financer une acquisition immobilière sans pénalité ?

Oui, après 5 ans idéalement. Le PEA n’a aucune vocation immobilière légale, MAIS retrait partiel après 5 ans = exonération. Si vous visez un bien immobilier, financez à partir du PEA exonéré (5+ ans). Les crédit immobiliers standard considèrent le PEA comme épargne régulière (pas de restrictions d’usage). Stratégie : PEA ouvert 2020, projet immobilier 2025 = retrait partiel exonéré pour apport personnel. Zéro impôt, liquidités fiscales optimisées.

Actualités fiscalité PEA 2025 : propositions législatives et changements attendus

L’année 2025 apporte des évolutions potentielles au cadre fiscal du PEA, avec un projet de loi en débat au Parlement depuis juin 2024. La plus importante concerne la suppression du plafond de versement global (actuellement 150 000€ en PEA classique + 75 000€ en PEA-PME). Les promoteurs de cette réforme argumentent que limiter l’épargne long terme décourage les petits patrimoines. Un PEA sans plafond attirerait davantage d’investisseurs et augmenterait les financements équitables en PME française.

Parallèlement, le gouvernement révise les critères d’éligibilité des titres en PEA-PME, avec renforcement des contraintes sur les management packages et LBO (leveraged buyouts). Cela vise à empêcher les structures de dette excessives d’accéder au financement PEA. Bien que techniques, ces restrictions réduisent le univers de titres éligibles, complexifiant la gestion pour les investisseurs PEA-PME.

Sur la fiscalité proprement dite, aucun changement n’est envisagé court terme pour les taux de prélèvements sociaux (17,2%) ou l’exonération IR après 5 ans. Ces piliers sont politiquement intouchables. Cependant, vigilance : une future augmentation de la CSG est techniquement possible (referendum sur hausse fiscalité 2026 en discussion).

⚠️ Attention : propositions 2025-2026

Suivez régulièrement les débats parlementaires. Une suppression du plafond PEA changerait complètement l’architecture patrimoniale des investisseurs français. Consultez impots.gouv.fr et legifrance.gouv.fr pour les mise à jour officielles.

Comparaison fiscale : PEA vs compte-titre vs assurance-vie

Critère PEA Compte-titre Assurance-vie
Exonération IR après 5 ans ✓ Totale ✗ Impôt sur revenu (0-45%) ✓ Partielle (contrat + 8 ans)
Prélèvements sociaux 17,2% 17,2% Réduits / 7.5% selon cas
Plafond versement 225 000€ (cumul) Illimité Illimité (gains capitalisés)
Liquidité avant 5 ans Clôture + flat tax 30% Totale liberté + IR immédiat Partielle sans pénalité
Diversification Actions EU seulement Totale liberté Tous les supports
Impact successoral Inclusion succès (fiscal avantageux) Droits de succession classiques Bénéficiaire + avantage fiscal

Pour la majorité des investisseurs français cherchant une épargne long terme (10+ ans) dans un cadre fiscalisé optimisé, le PEA est supérieur au compte-titre sur le plan fiscal seul (mais compte-titre offre plus de libertés). L’assurance-vie complète le tableau pour les profils proches de la retraite ou cherchant des retraits progressifs.

✅ Consensus expert

Stratégie patrimoniale optimale française (profil moyen) : PEA/PEA-PME pour base solide + épargne long terme exonérée, compte-titre pour flexibilité/trading opportuniste, assurance-vie pour revenus complémentaires proches retraite. Les trois se complètent.

Sources et références officielles pour approfondir

Ressources de référence

Concluez votre optimisation fiscale : agissez maintenant

La fiscalité du PEA n’est pas une fatalité administrative, mais un levier stratégique pour maximiser votre patrimoine. Vous avez découvert comment l’exonération après 5 ans transforme votre rendement net, comment les retraits partiels offrent une flexibilité insoupçonnée, et comment le cumul PEA + PEA-PME structure une épargne de 225 000€ protégée fiscalement. Les jeunes investisseurs ont une arme redoutable : 50 années de capitalisation exonérée. Les investisseurs mûrs peuvent enfin clarifier leurs stratégies de liquidité sans pénalité. Aucune excuse pour ne pas agir maintenant.

🏛️ Disclaimer fiscal

Cet article présente les règles fiscales PEA en vigueur en 2025. La fiscalité peut évoluer et s’applique différemment selon votre situation personnelle (revenus, état civil, résidence). Consultez un expert-comptable ou conseiller fiscal avant toute décision patrimoniale majeure. Les propositions législatives 2025 sur la suppression du plafond ne sont pas confirmées définitives.