Guide complet 2025 pour investir intelligemment dans les marchés émergents
Les marchés émergents connaissent un rebond spectaculaire en 2025, avec l’indice MSCI Emerging Markets affichant une performance de +33,57% en dollars américains. Cette renaissance offre des opportunités exceptionnelles aux investisseurs français cherchant à diversifier leur patrimoine. Entre la dynamique de l’Inde, la relocalisation industrielle loin de la Chine, et les tensions commerciales US-Chine qui redessinent les chaînes d’approvisionnement mondiales, les marchés émergents incarnent l’épargne de demain. Cet article vous explique comment naviguer ce contexte complexe et construire une stratégie d’investissement solidement ancrée dans la réalité économique de 2025.
Qu’est-ce que le MSCI Emerging Markets ?
Le MSCI Emerging Markets est l’indice de référence mondial pour les investissements dans les marchés émergents. Il regroupe 1 204 sociétés de grandes et moyennes capitalisations provenant de 24 pays émergents. Cet indice constitue le benchmark incontournable pour mesurer la performance des investissements dans les économies en croissance rapide, contrастant avec les marchés développés tels que les États-Unis, l’Europe ou le Japon.
La composition du MSCI Emerging Markets reflète le poids économique des nations émergentes : la Chine domine avec 29% de la pondération, suivie de l’Inde avec 18,6%, de Taïwan avec 18,3%, de la Corée du Sud avec 9,6%, et du Brésil avec 4,3%. Cette répartition n’est jamais figée ; elle évolue trimestriellement en fonction des fluctuations boursières. Les autres pays représentés incluent la Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie, le Mexique, la Russie, les Émirats Arabes Unis, l’Afrique du Sud, et plusieurs autres économies en expansion.
Contrairement aux idées reçues, l’accès aux marchés émergents ne nécessite pas une expertise particulière. Les français peuvent investir via des ETF (fonds indiciels cotés) offrant une exposition diversifiée à cet indice. Ces véhicules d’investissement permettent de capturer la croissance économique à long terme tout en maîtrisant les risques par la diversification.
Les trois grandes familles de pays émergents
Les marchés émergents se divisent en trois catégories distinctes. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représentent les plus grandes économies émergentes. Les dragons asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong) incarnent la modernité technologique et la sophistication financière. Enfin, les économies de frontière (Vietnam, Thaïlande, Indonésie, Philippines) offrent des potentiels de croissance supérieurs mais avec une volatilité accrue.
Différences entre MSCI EM et autres indices émergents
Le MSCI Emerging Markets se distingue par sa couverture large et son méthodologie rigoureuse. À titre de comparaison, l’FTSE Emerging Index inclut davantage de petites capitalisations, tandis que l’Russell Emerging Markets privilégie les sociétés américaines exposées aux marchés émergents. Pour l’investisseur français cherchant une exposition pure aux marchés émergents, le MSCI EM reste le choix le plus pertinent et transparent.
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Performances exceptionnelles de 2025 : décortiquer les chiffres
L’année 2025 marque un tournant majeur pour les marchés émergents. Le MSCI Emerging Markets a surpassé tous les pronostics avec un rendement de +33,57% en dollars, soit une surperformance de 11,48 points face au MSCI World. Ce résultat constitue le meilleur démarrage de décennie depuis 2017, bien avant les tensions commerciales ou les bouleversements géopolitiques récents.
Cette performance s’explique par plusieurs facteurs convergents. D’abord, la détente monétaire mondiale a fait baisser les taux d’intérêt directeurs. Le dollar américain s’est affaibli de 9 à 10,6% (indice DXY en baisse), ce qui avantage mécaniquement les investisseurs étrangers achetant des actifs libellés en devises émergentes. Troisièmement, les afflux massifs de capitaux des investisseurs internationaux reviennent vers les marchés émergents après plusieurs années d’exode. Les matières premières se stabilisent, soutenant les économies productrices de pétrole, gaz et métaux précieux.
Ajoutons à cela l’accélération du secteur technologique et de l’intelligence artificielle, dont les bénéficiaires majeurs sont Taïwan (TSMC), la Corée du Sud (Samsung), et progressivement la Chine et l’Inde. La croissance des bénéfices des entreprises EM atteint +17%, dépassant largement celle des marchés développés (+7%). Cette équation mathématique simple explique pourquoi les investisseurs pivotent vers les marchés émergents : meilleure croissance + valorisation inférieure = rendement supérieur.
Performances comparées par pays en 2025
| Pays | Rendement YTD 2025 | Moteur économique principal | Poids dans MSCI EM |
|---|---|---|---|
| Taïwan | +25% | IA, TSMC, semi-conducteurs | 18,3% |
| Corée du Sud | +22% | IA, technologie, batteries | 9,6% |
| Chine | +15,5% | Stimuli gouvernementaux, tech | 29% |
| Inde | +13% | Croissance réformes Modi, IA | 18,6% |
| Brésil | +8% | Stabilité matières premières | 4,3% |
| Thaïlande | -18% | Frein économique interne | 1,2% |
Ces chiffres illustrent une réalité importante : tous les marchés émergents ne se comportent pas de manière uniforme. L’investisseur avisé comprend que diversifier across countries est aussi crucial que diversifier across sectors.
Analyse détaillée : Chine, Inde et Brésil
La Chine : le pivot stratégique de 2025
La Chine demeure l’économie la plus puissante du monde émergent avec un PIB estimé à 17,5 trillions d’euros et une population de 1,4 milliard d’habitants. Après plusieurs années de croissance décélérée (4% de PIB en 2024), le gouvernement chinois a lancé des plans de relance massifs visant à relancer la consommation intérieure. Ces mesures incluent des réductions d’impôts, des crédits à taux zéro pour les entreprises, et des investissements colossal dans les infrastructures.
Sur le plan boursier, le rebond de +15,5% au premier semestre 2025 reflète cet optimisme retrouvé. Les géants technologiques chinois comme Alibaba, Tencent, et Baidu bénéficient d’une accélération de l’adoption de l’IA. Le secteur automobile électrique, dominé par BYD, affiche des croissances exponentielles. Cependant, l’économie chinoise demeure exposée à des risques structurels : surendettement local, ralentissement démographique, et tensions commerciales avec les États-Unis.
Pour l’investisseur français, l’exposition à la Chine via le MSCI EM se justifie pour le long terme. Mais cela nécessite une certaine tolérance à la volatilité. Le ratio cours/bénéfice de 12,4x forward indique une valorisation attractive comparée aux marchés développés (20x).
L’Inde : la star incontestée
L’Inde représente la vraie surprise positive de cette décennie. Avec une croissance PIB stable de 6% et des prévisions de 6,5% pour les prochaines années, l’Inde distancie tous les autres marchés émergents. Le gouvernement Modi a mis en place des réformes structurelles ambitieuses : libéralisation du secteur bancaire, amélioration des infrastructures routières et ferroviaires, et transition énergétique accélérée.
Le marché actions indien profite d’une démographie favorable. Avec une population de 1,4 milliard d’habitants et une classe moyenne croissante, la demande de biens et services ne cesse d’augmenter. Les secteurs comme l’IT (TCS, Infosys), les services financiers (HDFC Bank, ICICI Bank), et la consommation (Reliance Industries) offrent des potentiels exceptionnels.
La performance de +13% en 2025 demeure en deçà de Taïwan ou de la Corée du Sud, mais elle s’explique par une pondération plus prudente et une capitalisation boursière moins élevée (29 trillions de dollars de capitalisation boursière, contre 32 trillions pour la Chine). L’Inde bénéficie aussi de la relocalisation industrielle loin de la Chine : fabrication de smartphones, électronique grand public, et composants automobiles s’installent massivement en Inde.
Le Brésil : la diversification par les matières premières
Le Brésil incarne une approche différente de l’investissement émergent. Avec une croissance PIL de 3,4% et une population de 215 millions d’habitants, le Brésil n’offre pas la croissance spectaculaire de l’Inde, mais il propose une stabilité relative et une exposition aux matières premières. Le pays produit 30% du café mondial, 20% du sucre, d’importantes quantités de minerai de fer, et dispose des plus grandes réserves pétrolières documentées.
L’indice MSCI Brazil affiche un rendement de +8% en 2025, ce qui demeure respectable. L’économie brésilienne bénéficie de l’augmentation des prix des matières premières, encouragée par la demande mondiale pour les métaux verts (lithium, cuivre) nécessaires à la transition énergétique. Les banques brésiliennes (Banco do Brasil, Itaú) offrent aussi des rendements intéressants.
Cependant, le Brésil affronte des défis structurels : inflation persistante, déficit budgétaire croissant, et instabilité politique récurrente. Le score de compétitivité prix du Brésil atteint 81/100, ce qui demeure compétitif. Pour l’investisseur français, l’exposition au Brésil via le MSCI EM (4,3% de pondération) fournit une diversification géographique et sectorielle sans exposition concentrée.
Comment investir dans le MSCI Emerging Markets : les ETF incontournables
Pour un investisseur français désirant accéder au MSCI Emerging Markets, les ETF (Exchange Traded Funds) constituent la solution la plus efficace. Ces fonds indiciels cotés en Bourse offrent une exposition diversifiée à tout l’indice, avec des frais de gestion extrêmement bas (0,07% à 0,20% par an selon le fonds).
Les trois principaux ETF MSCI Emerging Markets
| ETF | Ticker | Frais annuels | Actif sous gestion | Meilleur pour |
|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI EM | EEM | 0,07% | 18 milliards $ | Débutants, exposition large |
| VanEck MSCI Emerging Markets | EMKT | 0,08% | 8 milliards $ | Performance top quartile |
| SPDR Portfolio MSCI EM | SPEM | 0,08% | 5 milliards $ | Approche passive pure |
L’iShares Core MSCI EM (EEM) reste le choix le plus populaire auprès des investisseurs français. Cet ETF propose une exposition complète à tous les 24 pays émergents inclus dans l’indice, avec une composition parfaitement alignée sur le MSCI EM. Ses frais extrêmement bas (0,07% par an) en font un véhicule rentable même pour les petits investissements.
Les rendements de ces ETF ont été spectaculaires en 2025 : +30% à +32% selon le fonds spécifique. Cette performance dépasse largement celle des fonds actifs gérés par des professionnels, confirmant l’intérêt de l’investissement indiciel passif pour cette classe d’actifs.
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ETF MSCI Emerging Markets en Assurance Vie vs PEA
Une question stratégique se pose pour l’investisseur français : faut-il investir dans ces ETF via une Assurance Vie ou un Plan d’Épargne en Actions (PEA) ? Les deux véhicules offrent des avantages spécifiques.
Avantages de l’Assurance Vie
- Plafond de versement illimité pour l’investissement long terme
- Succession simplifiée et transmission patrimoniale optimisée
- Possibilité d’intégrer ETF Emerging Markets et actifs traditionnels dans le même contrat
- Après 8 ans, fiscalité attractive sur les plus-values
- Flexibilité totale : retrait partiel sans clôture du contrat
Inconvénients de l’Assurance Vie
- Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les intérêts avant 8 ans
- Moins d’ETF disponibles que sur un PEA ou compte titre
- Frais de gestion du contrat (0,6% à 1% par an en moyenne)
- Complexité administrative pour la succession en cas de décès
Pour l’investisseur français débutant, nous recommandons de lire notre guide complet sur l’optimisation fiscale après 8 ans d’assurance vie. Ce guide explique comment transformer votre assurance vie en machine à rendement fiscal après la période cruciale de 8 ans.
Impact des tensions commerciales US-Chine sur les marchés émergents
Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine constituent un facteur structurant majeur pour les marchés émergents en 2025. Après plusieurs années de relative accalmie, les droits de douane américains se sont intensifiés début 2025, atteignant des niveaux jamais vus depuis l’administration Trump précédente.
Pour les investisseurs, cette situation crée paradoxalement une opportunité. Les droits de douane américains sur les produits chinois incitent les grandes multinationales à relocaliser leurs chaînes de production loin de la Chine. L’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, et l’Indonésie en deviennent les principaux bénéficiaires. Les fabricants de smartphones, appareils électroniques, et équipements automobiles s’installent massivement dans ces pays.
Pays gagnants de la relocalisation industrielle
L’Inde attire désormais 40% des nouveaux investissements directs étrangers en Asie du Sud, dépassant la Chine pour la première fois. Des sociétés comme Apple, Samsung, et Foxconn y installent des usines. Cela devrait générer une croissance économique additionnelle de 0,5% à 1% par an.
Le Vietnam bénéficie aussi massivement de cette relocalisation. Le pays devient un centre de production pour l’électronique grand public et les textiles. Le taux de croissance vietnamien pourrait accélérer de 7% à 8% grâce aux nouveaux investissements. L’impact boursier est visible : les actions vietnamiennes affichent des rendements de +12% à +15% en 2025.
Inversement, la Chine subit une dépréciation de ses devises en liaison avec les tensions commerciales. Le yuan s’est affaibli de 1,5% en médiane face aux principales devises émergentes. Cependant, cet affaiblissement rend les exportations chinoises plus compétitives, créant un équilibre complexe. Les entreprises chinoises gagnent en compétitivité prix, mais perdent en valeur d’exportation nominale.
Impact direct sur les valorisations
La relocalisation crée une redistribution sectorielle intéressante. Les fabricants de composants électroniques indiens et vietnamiens gagnent en valuations (P/E multiple expansion). Simultanément, les exportateurs chinois de biens manufacturés perdent des parts de marché, comprimant leurs marges bénéficiaires. Dans le MSCI EM, ce rééquilibrage se traduit par une surpondération graduelle de l’Inde et du Vietnam aux dépens de certains secteurs chinois.
Stratégies pratiques pour investir intelligemment dans les marchés émergents
Investir dans les marchés émergents nécessite une approche structurée et disciplinée. Voici une feuille de route basée sur les meilleures pratiques de gestion patrimoniale.
Guide d’investissement en 5 étapes
- Définir votre profil de risque et votre horizon temporel
Les marchés émergents sont plus volatiles que les marchés développés. Si vous investissez pour la retraite (15+ ans), vous pouvez tolérer des fluctuations de -20% à -30%. Pour un horizon court (5 ans), réduisez votre exposition à maximum 20% du patrimoine.
Astuce : Utilisez la règle des 100 ans. Si vous avez 50 ans, maximum 50% en actions émergentes, 50% en obligations et liquidités. - Allouer progressivement via une stratégie DCA (Dollar Cost Averaging)
N’investissez pas la totalité de votre capital d’un coup. Répartissez vos versements sur 12 mois environ. Cela lisse votre prix d’entrée moyen et réduit le risque de « bad timing ». Exemple : 500 € par mois sur 12 mois plutôt que 6 000 € d’un seul coup.
Astuce : Les versements réguliers en assurance vie ou PEA automatisent ce processus sans effort. - Choisir entre ETF pur MSCI EM ou combinaison avec autres marchés émergents
Le MSCI EM constitue une base solide. Cependant, certains investisseurs ajoutent des ETF sur les frontières (Vietnam, Bangladesh, Pakistan) pour capérer une croissance supérieure. Ou des ETF thématiques (IA asiatique, énergie verte). Restez simple si vous débutez.
Astuce : Pour les débutants, le MSCI EM pur suffit. Pas besoin de complexifier. - Combiner avec des obligations et des matières premières pour la diversification
Les obligations d’État émergentes offrent des rendements de 4% à 6% (bien supérieurs aux obligations françaises). L’or et les métaux rares constituent des hedges contre l’inflation. Construisez un portefeuille équilibré : 50% actions EM + 30% obligations EM + 20% matières premières.
Astuce : Regardez notre guide sur l’assurance vie pour débutants pour comprendre comment structurer ce portefeuille. - Rééquilibrer annuellement et fixer des objectifs de rendement réalistes
Une fois votre allocation cible définie (ex: 30% en MSCI EM), rééquilibrez chaque année pour maintenir cette proportion. N’attendez pas un rendement annuel de 30% tous les ans : en longue période, attendez 8% à 12% par an, ce qui double votre capital tous les 7 à 9 ans.
Astuce : Fixez un rééquilibrage automatique chaque 31 décembre. Cela ancre votre discipline.
Allocation patrimoniale recommandée par profil d’investisseur
| Profil | Âge approximatif | % MSCI EM | % Obligations EM | % Matières premières | Rendement attendu |
|---|---|---|---|---|---|
| Conservateur | 50-65 ans | 10% | 20% | 5% | 4-5% / an |
| Équilibré | 35-50 ans | 30% | 30% | 10% | 6-8% / an |
| Agressif | 20-35 ans | 50% | 20% | 10% | 8-12% / an |
Deux erreurs courantes : 1) Le recency bias (penser que les rendements de +33% de 2025 vont se répéter), 2) L’herding (suivre la foule dans les achats). Construisez votre stratégie de long terme et respectez-la, quelles que soient les fluctuations annuelles.
Fiscalité des investissements en marchés émergents pour le résident français
La fiscalité des revenus et plus-values est un facteur majeur pour l’investisseur français. Les ETF MSCI Emerging Markets générèrent deux types de revenus : les dividendes reçus des sociétés et les plus-values de cession à la revente.
En Assurance Vie, avant 8 ans, les revenus (dividendes + plus-values) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Après 8 ans, le taux bascule à 7,5% pour les plus-values, ou vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif. En PEA ou compte titre, les plus-values réalisées avant 8 ans sont imposées à 30% (PFU), après 8 ans à 15% en PEA (ou 17,2% avec prélèvements sociaux en compte titre).
Si vous investissez 10 000 € dans un ETF MSCI EM via assurance vie, et qu’il atteint 15 000 € après 8 ans, la plus-value de 5 000 € sera taxée à seulement 375 € (7,5%) au lieu de 1 500 € (30%). C’est une économie de 1 125 € simplement en attendant. Lire notre guide complet sur l’optimisation fiscale après 8 ans.
Risques et limitations des investissements en marchés émergents
Les opportunités attrayantes des marchés émergents s’accompagnent de risques spécifiques. Un investisseur avisé les comprend et les intègre dans sa stratégie.
Les trois risques majeurs
1. Risque de change : L’indice MSCI EM est libellé en dollars. Si le dollar s’affaiblit face à l’euro (ce qui s’est produit en 2025), votre rendement en euros sera inférieur au rendement en dollars. Exemple : si l’indice gagne +20% en dollars mais le dollar baisse de 10% face à l’euro, votre gain net en euros sera seulement +8%. Les ETF « Euro-hedged » existent pour éliminer ce risque, mais au coût de frais additionnels.
2. Risque politique et réglementaire : Les gouvernements des marchés émergents changent fréquemment. Une nouvelle administration peut modifier les règles d’investissement étranger, imposer des taxes sur les dividendes, ou même confisquer les actifs (cas extrême mais documenté). La Chine elle-même a imposé des restrictions sur certains secteurs technologiques en 2021.
3. Risque de liquidité : Contrairement aux marchés développés, certains titres de petite capitalisation en marchés émergents peuvent avoir un volume d’échange limité. Si vous devez vendre rapidement, vous pourriez subir une perte. C’est pourquoi l’approche ETF demeure supérieure pour les investisseurs individuels : l’ETF lui-même est très liquide (négocié des millions de fois par jour).
Limitez votre exposition au MSCI EM à 30% de votre patrimoine total. Ne mettez jamais plus de 60% en actions émergentes, même en ayant 25 ans. La diversification géographique (USA, Europe, Japon, EM) et par classe d’actifs (actions, obligations, immobilier) demeure la meilleure protection.
Questions fréquemment posées sur le MSCI Emerging Markets
Réponses aux questions clés des investisseurs
Quel est le rendement moyen à long terme du MSCI Emerging Markets ?
Sur les 20 dernières années (2005-2025), le MSCI Emerging Markets a généré un rendement annuel moyen de 9,5% en dollars (avant frais). En euros, le rendement a été légèrement inférieur (~8,5%) en raison des fluctuations du change euro/dollar. Ce rendement dépasse largement celui des obligations (3-4% par an) et se rapproche des actions américaines (10-11% par an).
Faut-il avoir peur de la Chine dans le MSCI EM avec ses 29% de pondération ?
Pas nécessairement. Bien que la Chine représente 29% de l’indice, cela ne signifie pas que 29% de votre investissement est « exposé au risque chinois ». La Chine génère aussi 40% des bénéfices d’entreprises du MSCI EM. De plus, les entreprises chinoises listées en bourse (Alibaba, Tencent, etc.) sont diversifiées et modernes. Si vous êtes vraiment inquiet du risque Chine, optez pour un ETF MSCI Emerging Markets Exlcude China, mais sachez que vous sacrifierez des rendements potentiels.
Quel ETF MSCI EM choisir : EEM, EMKT ou SPEM ?
Pour 99% des investisseurs français, l’iShares Core MSCI EM (EEM) est le meilleur choix. Il offre les frais les plus bas (0,07%), la plus grande liquidité (18 milliards de dollars d’actifs), et une réplication parfaite de l’indice. VanEck MSCI EM (EMKT) convient si vous cherchez une légère surperformance grâce à une sélection de titres légèrement différente. SPDR Portfolio MSCI EM (SPEM) est similaire à EEM mais un peu moins populaire.
Comment investir dans un ETF MSCI EM via une assurance vie française ?
Vous pouvez investir dans les ETF MSCI EM via des contrats d’assurance vie proposant une partie « unités de compte » ou « investissement libre ». Contactez votre assureur (Linxea, Boursorama, Yomoni, Fortuneo, Lucya) pour vérifier la disponibilité des ETF EEM, EMKT, ou SPEM. La plupart des assureurs proposent un catalogue de centaines d’ETF. Les frais totaux (frais de gestion du contrat + frais de l’ETF) tournent autour de 0,8% à 1,2% par an.
Est-il possible d’investir dans le MSCI Emerging Markets via un PEA ?
Oui, absolument. Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) accepte les ETF MSCI Emerging Markets cotés en Europe. Les plafonds du PEA sont de 150 000 € (PEA classique) ou 75 000 € (PEA jeune). Après 5 ans, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu, mais restent soumises aux prélèvements sociaux de 17,2%. Après 8 ans, c’est l’exonération totale. Le PEA demeure fiscalement attractif pour les gains à long terme.
Quel est l’impact réel des tensions US-Chine sur mon investissement MSCI EM ?
Les tensions US-Chine influencent le MSCI EM de deux façons opposées. D’un côté, l’indice baisse si les droits de douane augmentent (risque direct pour exportateurs chinois). De l’autre, les pays comme l’Inde et le Vietnam gagnent des investissements directs (opportunité). Au bilan, l’effet net historiquement a été légèrement positif pour le MSCI EM global, car la relocalisation crée plus de croissance qu’elle n’en détruit. Cependant, la volatilité à court terme augmente.
Comment protéger mon investissement en MSCI EM contre une baisse de 30% ?
La protection contre les baisses passe par trois mécanismes : 1) La diversification (ne mettez que 20-30% de votre patrimoine en EM), 2) La diversification au sein du MSCI EM (l’ETF vous y oblige), 3) Les options de vente (puts) pour les investisseurs avancés (coûteux mais efficace). Il n’existe pas de protection gratuite. Si vous n’avez pas 10 ans d’horizon temporel, limitez vraiment votre exposition aux EM.
Votre stratégie d’investissement dans les marchés émergents commence maintenant
Le MSCI Emerging Markets affiche les fondamentaux les plus attractifs depuis une décennie. La conjonction d’une croissance économique supérieure (6%+ pour l’Inde), d’une valorisation intéressante (12,4x forward), et d’une relocalisation industrielle massive crée une fenêtre d’opportunité historique. L’indice gagne +33,57% en 2025 n’est pas un miracle, mais le résultat logique de la réallocation du capital vers où il génère les meilleurs rendements.
Pour vous, investisseur français, le chemin est clair. Choisissez un ETF comme l’iShares Core MSCI EM (EEM), intégrez-le dans une assurance vie ou un PEA avec une allocation de 20 à 30% de votre patrimoine, investissez progressivement sur 12 mois via DCA, et attendez 8+ ans pour bénéficier de la fiscalité optimale. Évitez les erreurs courantes : ne cherchez pas à timer le marché, ne sur-exposez pas à la Chine seule, restez discipliné lors des corrections inévitables.
Les marchés émergents incarnent l’avenir de la croissance mondiale. C’est maintenant le moment d’y participer.
Références et sources officielles
- MSCI – Emerging Markets Index Performance 2025
- Autorité des Marchés Financiers (AMF) – Guide des ETF et investissements
- Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) – Fiscalité de l’Assurance Vie
- Morningstar – iShares Core MSCI EM Performance Analysis
- LePointExpert – Optimisation fiscale après 8 ans d’assurance vie
- LePointExpert – Guide assurance vie pour débutants